Ottawa, ON — Trois grandes organisations écologistes canadiennes ont publié aujourd’hui un rapport conjoint qui démontre comment l’application des lois fédérales permettrait de réduire les impacts négatifs de l’exploitation des sables bitumineux sur l’environnement et sur l’économie. En créant un groupe d’experts chargé d’examiner la pollution dans la rivière Athabasca, le gouvernement fédéral a récemment reconnu qu’il devait jouer un rôle plus important dans le dossier des sables bitumineux. Le rapport s’inscrit dans ce contexte.
 « Tous les chefs des partis fédéraux disent qu’il faudrait mieux gérer les sables bitumineux, mais les choses avancent très lentement, expliquait Rick Smith, le directeur général d’Environmental Defence. Le groupe d’experts récemment formé pour examiner la pollution de l’eau est un premier pas intéressant, mais il faut maintenant mettre en application toute la panoplie de lois fédérales qui s’appliquent aux sables bitumineux. »
 
Le rapport présente les solutions que le gouvernement fédéral doit mettre en oeuvre pour gérer les impacts environnementaux qui découlent de l’exploitation des sables bitumineux. Il examine aussi quelles seront les conséquences si Ottawa continue à négliger ses responsabilités. Voici quelques-unes des principales conclusions :
·         La croissance prévue par l’industrie des sables bitumineux est incompatible avec les engagements actuels du gouvernement en matière de réduction des émissions. Avec un pareil taux de croissance, l’industrie dépasserait son quota proportionnel dans le bilan carbone du Canada de façon marquée. Par rapport aux cibles actuelles, les émissions de l’industrie seraient 3,5 fois plus élevées en 2020, et près de 40 fois plus élevées en 2050, même en attribuant une place importante à la technologie de captage et stockage du carbone.
 
·         En vertu des lois actuelles – notamment la Loi canadienne sur la protection de l’environnement et la Loi sur les espèces en péril – il est clair que le gouvernement fédéral doit établir des limites pour contrôler l’impact environnemental de l’exploitation des sables bitumineux, notamment en ce qui concerne la pollution de l’air et de l’eau, les émissions de gaz à effet de serre et la protection des habitats des espèces en péril.
 
·         Le gouvernement fédéral doit reconnaître les aspects économiques négatifs de l’exploitation des sables bitumineux et agir pour en minimiser les conséquences. Par exemple, le fait que la valeur du dollar canadien soit liée au prix du pétrole menace les échanges commerciaux et la compétitivité des secteurs manufacturiers du Canada.
 
« Il est mathématiquement impossible de réduire les émissions de GES tout en permettant à l’industrie de maintenir son rythme de croissance actuel, souligne Simon Dyer, spécialiste des sables bitumineux à l’Institut Pembina. C’est aussi simple que cela. Le Canada devra passer des combustibles fossiles aux énergies vertes au cours des prochaines décennies, et Ottawa doit nous démontrer comment les sables bitumineux s’inscrivent dans un plan national de réduction des émissions ».
 
Si le gouvernement fédéral ne respecte pas ses obligations légales et constitutionnelles dans le dossier des sables bitumineux, il risque d’être constamment visé par des contestations judiciaires, l’industrie subira des restrictions environnementales plus sévères de la part des marchés internationaux, et le Canada devra faire face aux incertitudes économiques et aux risques qui découlent d’un dollar trop intimement lié au prix du pétrole.  
 
« On entend souvent dire que les sables bitumineux sont le moteur économique du Canada, ajoute Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint chez Équiterre. Mais qui veut d’un moteur qui entraîne certains de ses passagers vers un gouffre? Dans différentes régions du Québec et de l’Ontario, les sables bitumineux ont des répercussions négatives sur les secteurs manufacturiers; il faut que le fédéral réagisse, et qu’il trouve des solutions. »
 
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Téléchargez le rapport complet Les sables bitumineux du Canada : Les obligations du gouvernement fédéral, ou le résumé à www.equiterre.org, www.pembina.org, ou www.environmentaldefence.ca.
 
Personnes-ressources :
 
Eveline Trudel-Fugère, Équiterre : 514-605-2000
Julia Kilpatrick, Institut Pembina : 613-265-5579
Gillian McEachern, Environmental Defence : 613-292-4416